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Premier colloque scientifique international de l’unité de recherche sur les maladies non transmissibles et le cancer (UR-MNTC)

Parcours des personnes souffrant de maladies mentales en Afrique de l'Ouest (PAMMAL)

Fabrique des politiques publiques, pratiques de soins et processus de réinsertion socio-professionnelle

SOMMAIRE

ARGUMENTAIRE

La maladie mentale est de plus en plus fréquente dans les sociétés ouest africaines. Il suffit d’un regard dans les rues des centres urbains pour s’en convaincre. Elle fait bien des ravages, car au-delà de ceux qui s’offrent et dont la vue légitime des sentiments de dégoûts, rejet, craintes et questionnements divers, une multitude de malades mentaux vivent dans l’invisibilité totale. En effet, les troubles mentaux touchent une personne sur quatre au cours de sa vie (The Academy of Medical Sciences, 2008). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 450 millions de personnes souffrent de troubles mentaux, et elles sont bien plus nombreuses encore à présenter des problèmes mentaux.
Les chiffres fournis par la Banque mondiale montrent que 8,1% de la charge de morbidité globale est attribuable aux troubles mentaux dans le monde. Dans les sociétés à faibles revenus, les troubles neuropsychiatriques représentent 12% de la charge de morbidité globale chez les adultes de 15 à 44 ans (OMS, 2009). Face à ce tableau, il est important de questionner les soins délivrés aux personnes porteuses de troubles ou de problèmes mentaux et les systèmes qui les délivrent. Il faut également questionner l’origine de la maladie et ses manifestations et la carrière des personnes souffrant de maladie mentale.

De toute évidence, le questionnement sur la folie en Afrique de l’Ouest permet de se rendre compte de la permanence des systèmes répressifs et des représentations sociales de la folie. Cette permanence ne doit cependant pas induire une appréhension statique de la maladie mentale. De nombreuses dynamiques sont en cours. Il est clair que le statut de la folie, tant au niveau des institutions étatiques, des structures formelles de prise en charge, des espaces traditionnels de soins que des populations, a fortement évolué. Il en est de même pour les regards posés sur le malade mental, les représentations liés (es) à sa maladie et les pratiques d’internement, de traitements et de réinsertion socio-professionnelle. Beaucoup de choses ont en effet changé à travers les époques et les différentes sociétés, bien que cela fût progressivement. Subséquemment, on ne peut pas tenter d’appréhender la maladie mentale sans s’inscrire dans une approche sociohistorique.

Selon M. Duyme, J. Barbeau, B. Jolivet, A. Dumaret (1987), on peut distinguer trois grandes périodes dans la prise en charge de la maladie mentale. D’abord, la période d’après-guerre (1939-1945) au cours de laquelle les préoccupations des psychiatres, à l’époque essentiellement du service public, furent d’améliorer les conditions de soins et d’assistance des malades mentaux dans le cadre asilaire. Seuls quelques-uns se préoccupèrent des prolongements nécessaires dans le milieu social et en particulier professionnel. Ensuite, on assiste à la prégnance, de plus en plus croissante, des problèmes de réinsertion, de reclassement, compte tenu de l’ouverture des services hospitaliers. A partir des années 1950 en effet, on notait l’émergence de quelques initiatives individuelles pour contenir ces problèmes. A partir des années 1970, la prise en compte des problèmes de réinsertion et de reclassement des malades mentaux prendra une dimension institutionnelle qui deviendra progressivement une préoccupation majeure dans les pays occidentaux.

En Afrique, l’allure prise semble toute autre. L’une des responsabilités associées à la psychiatrie contemporaine dans ce continent se trouve inscrite dans ses rapports avec les institutions répressives et judiciaires de l’État par une ordonnance qui aujourd’hui rappelle « la séquestration des insensés » (Castel, 1976 : 24, cité par G. Aït Mehdi, 2019 : 50) qui a longtemps eu droit de cité également en Afrique de l’Ouest (Akyeampong, 2015, cité par G. Aït Mehdi, 2019 : 50). En effet, dans l’ensemble des territoires de l’AOF (Collignon, 1997), l’assistance aux aliénés se caractérisa par la mise en place de quartiers de sûreté rattachés aux principaux dispensaires de la capitale et du pays (Osouf, 1980, cité par G. Aït Mehdi, 2019 : 50). Malgré des transformations importantes, la fonction répressive est restée une partie intégrante de la pratique donc un rôle qui incombe à la psychiatrie contemporaine (G. Aït Mehdi, 2019 : 51). Distendue entre « soigner et punir » (Rhenter, 2014 : 80, cité par G. Aït Mehdi, 2019 : 48), la pratique de la psychiatrie contemporaine interroge alors les enjeux institutionnels, médicaux et moraux du soin, particulièrement lorsque la maladie devient chronique. Les négociations entre les professionnels, les familles et les malades qui en résultent (G. Aït Mehdi, 2019 : 48), les traitements neuroleptiques, ainsi que la solidarité familiale et communautaire comme une valeur centrale du soin (Read et al., 2015, cité par G. Aït Mehdi, 2019 : 50) constituent alors les cœurs de la réflexion.

Ces axes centraux de réflexion se légitiment dans un contexte où la psychiatrie dans les pays ouest africains, aujourd’hui désignée comme relevant du domaine de la « santé mentale », est une spécialité marginale et marginalisée de la santé. Cela se constate aisément parce que les maladies mentales ne sont apparemment pas des priorités sur les agendas publics de ces pays (G. Aït Mehdi, 2019) et dans les préoccupations des états locaux et des populations. Cela se constate aussi par l’insuffisance et l’inadéquation des dispositifs de prise en charge qui indiquent que des millions de personnes sont laissées pour compte en termes de traitement et de réinsertion au sein de la société. Cet état de chose peut se comprendre par le fait que les maladies mentales représentent un coût énorme pour les systèmes de soins de santé et pour l’économie et affectent les personnes les plus vulnérables au monde, en raison du rejet et de la stigmatisation (A. Strategies, 2012). Bien que cette stigmatisation soit un phénomène généralisé dans le monde (M. C. Angermeyer, S. Dictrich, 2006), elle interpelle parce qu’elle : constitue un obstacle majeur au développement de programmes de soins adéquats (N. Sartorius, 2007) ; en rajoute à la souffrance liée à la maladie ; insert les malades dans un cercle vicieux d’exclusion, de discrimination, de dévalorisation de soi ; entrave la quête de soin, le rétablissement et la réinsertion sociale du malade (B., Martin, N. Frank, 2013) ; et émane souvent des proches, soignants et de l’opinion publique. Cette forte stigmatisation rime aussi avec une banalisation de la maladie mentale à tous les échelons de la vie sociale, professionnelle, économique et politique. Dans l’entendement ordinaire, le malade mental est juste un forcené dont il faut coûte que coûte se passer.

Au-delà des aspects précédemment évoqués, il est important, dans le contexte ouest africain, d’insister sur le fait que la question de la maladie mentale ne se vide pas uniquement dans le seul milieu professionnel (psychanalytique). Les soins traditionnels très diversifiés, constituant le recours prédominant en cohérence avec les modèles explicatifs reliant la maladie mentale à des phénomènes occultes (Kleinman A., 1980 ; Ikwuka U., Muga F. A., Jenkins R., 2008 ; Galbraith N. Nyatanga I., 2014), il est important également de revisiter les pratiques locales de soins et les savoirs et savoir-faire qui les sous-tendent. Au regard de la nécessaire contextualisation des regards, des pratiques et des analyses, ce Premier Colloque International (PCI), de l’Unité de Recherches Maladies Non Transmissibles et Cancers (UR-MNTC) de l’Ecole Polytechnique de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) en partenariat avec le Département de Sociologie Anthropologie (DS-A) de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales (FASH) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) et l’Association Saint Camille de Lillis, aborde la question de la maladie mentale dans une perspective interdisciplinaire, intégrée et englobante. Il se propose de questionner les facteurs étiologiques qui sous-tendent les maladies mentales, la thérapeutique plurielle (biomédicale et locale)[1] et les carrières des malades, les parcours des politiques publiques en matière de santé mentale et les pratiques de suivi post rétablissement et de réinsertion socio-professionnelles. Nous faisons attention ici à l’histoire pathologique des malades mentaux (comorbidité et analyses neuro dégénératives), aux négociations cliniques et sociales, aux transactions multiples et multiformes qui prennent formes, aux conflits ouverts ou latents entre les divers acteurs en présence, aux transferts divers qui ont lieu, aux engagements (dés) liés à la prise en charge de la maladie mentale et à leurs raisons d’être, notamment à la mobilisation de nouvelles approches thérapeutiques qui rompent définitivement avec les politiques de claustration des malades mentaux. Nous sommes aussi regardant des rôles des pairs aidants et des familles dans la prise en charge, le suivi sanitaire et la réinsertion des malades mentaux.

OBJECTIF

L’idée de ce colloque dénommé « Pammal[2] » est né du partenariat entre UR-MNTC, l’Association Saint Camille de Lillis et le Département de Sociologie Anthropologie de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales (FASHS) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Il est donc organisé pour rendre visible les pratiques qui ont cours dans les centres installés par l’Association Saint Camille de Lillis en vue de prendre en charge les personnes porteuses de maladies mentales. Bien que partant du cas des centres Saint Camille de Lillis, il ambitionne de franchir leurs frontières et de s’ouvrir sur d’autres expériences en cours tant au Bénin que dans la sous-région ouest africaine.

L’objectif de ce PCI/UR-MNTC est donc de comprendre ce qui fonde les pratiques qui ont cours en matière d’internement, de traitement, de suivi post soins et de réinsertion socio-professionnelle des malades mentaux. Ce colloque offre l’opportunité aux différentes catégories d’acteurs de se réunir, de faire des analyses psychologiques et/ou psychanalytiques, socio anthropologiques, voire biomédicales cliniques et biochimiques et ce, suivant une approche socio-historique. Il offre également aux divers acteurs qui s’y rendront l’opportunité de partager et de s’enrichir de leurs mutuels (les) expériences, vécus, résultats de recherche et connaissances et d’asseoir un dialogue ouvert et prospectif. Il s’agit en gros, au sortir de ce colloque, de mieux renseigner les pratiques en cours et de mieux éclairer les données statistiques avancées par les institutions internationales, nationales et régionales. Cinq axes thématiques permettront d’animer ce colloque.

PARTICIPANTS VISES

Ce colloque est ouvert à des chercheurs, des enseignants-chercheurs, des professionnels de tout genre, des représentants des organisations de la société civile, des structures étatiques, des partenaires techniques et financiers, etc. Les participants viendront de tous les continents.

CONSIGNES PARTICULIERES

Le comité scientifique privilégiera les propositions portant sur des données probantes (evidence based) et utilisant l’approche socio-historique favorisant la lecture dynamique des phénomènes à l’étude. À l’issue du colloque les meilleurs articles retenus seront soumis à un comité de lecture anonyme en vue de la publication d’un ouvrage collectif, si les auteurs et le comité d’organisation en conviennent, ou tout au moins d’un acte.

MODALITES PRATIQUES D’ENVOI DES CONTRIBUTIONS

Les communicateurs ont la possibilité d’inscrire leurs travaux dans l’un des axes déclinés ci-dessus pour développer un des aspects en français ou en anglais. Ils sont invités à soumettre un résumé comptant au plus 250 mots. Les résumés doivent tenir sur une page.

La première partie contiendra les informations suivantes :
  • Thème :
  • Nom et prénom(s) de(s) l’auteur(s) :
  • Fonction :
  • Titre :
  • Institution d’appartenance :
  • Adresse (électronique, téléphonique …) (si plusieurs auteurs mettre ces informations pour l’auteur correspondant)
  • Axe concerné

La deuxième partie contiendra le résumé lui-même :

Votre résumé doit utiliser le style normal. Il ne doit pas dépasser 250 mots. Il doit comporter les éléments suivants :

Le TITRE doit être aussi bref que possible, mais suffisamment long pour indiquer clairement la nature de l’étude. Mettre en majuscule la première lettre du premier mot uniquement (noms et lieu exclus). Pas de point à la fin du titre.

Les RESUMES doivent indiquer brièvement et clairement l’objectif de l’étude, la problématique de la recherche, l’approche méthodologie utilisée, les principaux résultats et éventuellement leurs implications.

  • Objectif : Enoncez clairement l’objectif de l’article.
  • Problématique : expliciter clairement et succinctement la problématique de votre recherche.
  • Méthode : Décrivez clairement votre approche méthodologique.
  • Résultats : Présentez vos résultats dans une séquence logique et soulignez les aspects nouveaux et importants de l’étude et les dynamiques observées.

Les résumés doivent être écrits dans un format Word, Police Times New Roman, Taille 12 et interligne 1. Ils seront accompagnés de cinq (05) mots-clés au maximum.

MODE D’ENVOI Les résumés seront soumis via le formulaire de soumission au Disponible ICI En cas de difficulté, ils peuvent être envoyés aux adresses suivantes : pammal@colloque.mntc-larba.com et info@mntc-larba.com avec copie à herve.gbenahou@gmail.com L’objet de votre mail doit être libellé ainsi qu’il suit : « Résumé-Candidature-Premier Colloque International de l’UR-MNTC-LARBA 2022 »

CALENDRIER (dates importantes)

MODALITES DE PARTICIPATION

  • Etudiants/doctorant : 15 000 FCFA en présentiel (sous réserve)
  • Docteurs : 35 000 F CFA
  • Enseignants/chercheurs : 40 000 FCFA
  • Particuliers/privés : 70 000 FCFA
  • Organismes internationaux : 100 000 FCFA

Les frais de participation donnent droit aux pauses café et aux déjeuners. L’hébergement est à la charge des colloquants.

Date de lancement15 Mars 2022.
Date de première relance15 Avril 2022.
Date de deuxième relance20 juin 2022
Date limite d’envoi des résumés31 juillet 2022
Date de notification de l’acceptation des résumés et d’invitation au colloque31 août 2022
Date d’envoi des textes complets31 octobre 2022
Date de déroulement du colloque12 au 15 décembre 2022
7 au 11 Décembre 2022 : Accueil et installation des participants étrangers
12 Décembre 2022 : Ouverture officielle du colloque, Conférences inaugurales et projection de film
12 au 15 Décembre 2022 : Ateliers de communication, panels, plénières, synthèse, perspectives et clôture
16 Décembre 2022 : sortie récréative et touristique pour ceux qui le désirent.

PUBLICATION

Les articles retenus feront objet de publication collective. La publication se fera dans une maison d’édition à définir par le comité scientifique. Pour être publiés, les textes devront répondre aux critères suivants :

  • être de 12 à 15 pages, soit 20 000 à 30 000 caractères espaces non compris (mais y compris les références bibliographiques)
  • chaque article proposé devra être précédé d’un résumé de 250 mots suivi de la traduction en anglais sur la seconde moitié de la page ; le résumé et l’abstract doivent être suivis de trois à cinq mots clés.
  • les textes seront envoyés dans le format Word, caractère Time New Roman, police 12, interligne 1 ;
  • L’auteur correspondant devra indiquer ses coordonnées : Nom, prénom (s), e-mail, fonction et service /institution d’affiliation ;
  • Les textes soumis doivent contenir des données empiriques probantes originales et des analyses de fond. Il peut aussi s’agir de textes qui mettent en débats des considérations scientifiques pointues.
  • chaque article proposé doit avoir un titre en français et en anglais. Celui-ci doit être court, mais suffisamment complet par rapport au contenu du texte.
  • les tableaux et graphiques sont intégrés au texte ; chaque tableau ou graphique doit avoir un titre et numéroté de façon continue ;
  • Les citations de plus de trois (03) lignes sont mises en retrait avec une taille diminuée d´un point.

Les références de citation sont intégrées au texte suivant la forme suivante :

  • Les notes en référence doivent figurer en ordre alphabétique par nom de famille des auteurs.
  • S’il existe plus d’une référence pour le même auteur, les insérer par ordre de date de publication.
  • Si un auteur est cité plus d’une fois pour une même année, il convient d’utiliser la formule 2000a, 2000b, etc.
  • Les références à plus d’un auteur suivent toujours les références aux auteurs uniques. Dans ce cas, trois auteurs en suivent deux, quatre auteurs en suivent trois et ainsi de suite. Pour la présentation, il faudra trier par ordre alphabétique en utilisant en premier le nom de l’auteur principal, puis le second auteur, ensuite le troisième, etc. Trier ainsi par nom est plus important que trier par date.
  • Pour le style de référencement, utiliser la norme Harvard

[1] Il ne s’enferme pas dans la censure psychiatrique qui évacue les autres recours qui se produisent hors des centres psychiatriques. Puis abordant cette pluralité thérapeutique, il utilise pour les causes de la musicalité dans le titre le terme « parcours » au lieu de « trajectoire ».

[2] Cette abréviation vient de l’idée que les personnes souffrant de maladies mentales ne font « mal à personne ». Aussi, ce n’est pas mal (mauvais en soi) de s’occuper d’elles, de s’appesantir sur leurs sorts, de questionner leurs trajectoires et d’ouvrir des champs thématiques de réflexion pour mieux analyser leurs vécus et projeter leur réinsertion socio professionnelle.